Éric Perrot n’a pas simplement lancé ses Jeux olympiques.
Il les a frappés d’entrée avec autorité.
Deux courses. Deux médailles. Une certitude : le biathlon français tient là un nouveau patron.
À seulement 24 ans, le Savoyard franco-norvégien vit une quinzaine olympique de rêve à Milan-Cortina 2026, entre performance, ambition… et cette petite pointe de frustration qui caractérise les champions.
Un début olympique parfait
Tout commence avec un relais mixte magistral. Aux côtés de Quentin Fillon-Maillet, Lou Jeanmonnot et Julia Simon, Perrot décroche l’or et fait résonner une première Marseillaise dans le ciel italien.
Puis vient l’individuel. Une course exigeante, un combat mental autant que physique. Résultat : une médaille d’argent, seulement devancé par le Norvégien Johan Olav Botn.
Un podium immense… mais pas totalement satisfaisant.
« Quand je franchis la ligne et que je vois que je vais finir deuxième, mon ego de compétiteur veut me pousser à faire mieux. »
Perrot ne se cache pas : il accepte la défaite, mais refuse la résignation.
« L’objectif, c’est l’or »
Derrière le sourire du médaillé, il y a déjà la faim du prochain titre.
Le Français l’affirme sans détour :
« L’objectif, c’est l’or. Il faut garder ce qui fonctionne : l’intensité, la volonté… tout en restant calme. »
Il sait que tout s’est joué à peu de chose. Une balle manquée. Deux secondes d’exigence en moins. Et l’or s’envole.
Mais dans sa tête, la suite est déjà écrite : revanche sur le sprint, puis sur la mass-start, l’une de ses disciplines favorites.
Un biathlète au parcours hors norme
Éric Perrot n’est pas un météore sorti de nulle part.
Né le 29 juin 2001 à Bourg-Saint-Maurice, il grandit entre la Savoie et la Norvège, porté par un héritage familial rare : ses deux parents sont d’anciens biathlètes de haut niveau, champions du monde juniors.
Très tôt, Perrot choisit de représenter la France. Et son ascension est fulgurante.
Des juniors aux sommets mondiaux
Dès 2020, il se signale chez les jeunes avec une médaille de bronze mondiale sur l’individuel.
En 2021, il confirme : argent sur la poursuite, or en relais.
Puis viennent les débuts difficiles en Coupe du monde. Des courses sans points, une adaptation rude… avant le déclic.
L’explosion en Coupe du monde
En 2023, Perrot signe sa première victoire en relais mixte, puis son premier podium individuel en mass-start.
En 2024, il franchit un cap :
- or mondial en relais mixte
- bronze en relais masculin
- première victoire individuelle en Coupe du monde à Soldier Hollow
Le jeune Français s’installe durablement parmi les meilleurs.
2025 : champion du monde individue
La saison 2024-2025 marque un tournant historique.
À Lenzerheide, Éric Perrot devient champion du monde de l’individuel, devant Tommaso Giacomel et Quentin Fillon-Maillet.
Il termine l’hiver à la 3e place du classement général mondial, derrière les géants norvégiens.
Et surtout, il arrive en 2026 avec un statut nouveau : leader, favori, homme à battre.
2026 : l’olympisme comme évidence
À Milan-Cortina, Perrot confirme tout.
Champion olympique en relais mixte. Vice-champion olympique en individuel.
Et une impression persistante : ce n’est que le début.
Il lui reste encore des occasions d’agrandir son palmarès :
- relais hommes
- mass-start, sa discipline de prédilection
Le biathlon français tient peut-être son futur roi.
Une nouvelle étoile tricolore
Éric Perrot incarne cette génération ambitieuse, exigeante, presque obsessionnelle.
Un champion capable de savourer l’argent… tout en ne pensant qu’à l’or.
Et quand un athlète commence les Jeux avec deux médailles et encore cette faim intacte, une chose est sûre :
Le meilleur reste à venir.